On a dit du Champagne que c'est "le vin des rois et le roi des vins", Le Champagne, exporté dans 150 pays du monde, est le compagnon et le roi des fêtes : le "pop" du bouchon qui saute à l'apéritif, agit comme un détonateur signalant le début des réjouissances...

Le raisin à vin était déjà cultivé 50 à 80 ans après Jésus Christ dans la région du nord-est de la Gaule romaine. Le Nectar des dieux ainsi appelé par les Gallos Romains, connaîtra dix siècles plus tard une réputation grandissante et deviendra alors la boisson préférée des riches et des puissants.

Les Rois de France jusqu’à Charles X en 1328 furent très généreux auprès des monastères de la Marne, et offriront aux vignobles de la Région de Champagne la reconnaissance et la réputation d’un bon vin. A cette même époque la notion de plaisir de boire du vin n’était alors aucunement entachée par la notion de péché.

Pendant le Moyen-Age, le vignoble gagne en notoriété grâce aux célèbres foires de Champagne, mais jusqu'à la Renaissance il fournit surtout des vins rouges tranquilles. Les abbayes bénédictines de la région ont joué un grand rôle dans l'expansion de la vigne, telles les abbayes de Saint Basle et d'Hautvillers fondées au 7e siècle.

C’est au milieu du XVII siècle que l’idée de la création d’un vin mousseux fera son apparition. Les vins blancs y seront appelés vins de rivière (cultivés au bord de la Marne) et les vins rouges, vins des montagnes (cultivés sur les hauts coteaux de la montagne de Reims).

Ce sera en 1654 date du sacre de Louis XIV, que le vin Champagne deviendra sa boisson préférée durant ces soixante-douze années de règne. Cette attirance du vin de Champagne par le monarque permettra une nouvelle ère de prospérité et ainsi l’ouverture vers l’extérieur.

A l'origine, la fermentation naturelle des vins, commençait à l'automne, ralentissait avec la fraîcheur de l'hiver dans les caves. Les vins conservaient une partie de leur sucre et dès le retour du printemps, donc de la chaleur, reprenaient leur fermentation.

Mais, comme les vins étaient gardés dans des tonneaux, l'effervescence s'en échappait. Lorsque les bouteilles remplacèrent les tonneaux, l'effervescence y resta emprisonnée jusqu'à l'ouverture, elle moussait et devenait "vin du diable" ou "lance-bouchon".

Dom Pérignon exerça durant 47 ans les fonctions de cellérier à l'Abbaye d'Hautvillers. Vers 1668, il étend la pratique de l'assemblage de raisins de différents crus et "invente" la cuvée, aidé en cela, dit-on, par Frère Jean Oudard. Il montre que l'addition de sucre renforce la seconde fermentation en permettant de la contrôler. En 1690, il réussit à faire du blanc avec des raisins noirs. Cette idée de génie permit aux Champenois d'atteindre un blanc d'une pureté et d'un éclat parfait ainsi que l'allongement de la durée de conservation des vins (jusqu'à 3 ou 4 ans). Il fallut pour cela procéder à un pressurage très doux et progressif, dont les grands principes sont encore en vigueur aujourd'hui.

Enfin, la légende veut que Dom Pérignon ait également proposé l'utilisation de la flûte pour boire le Champagne.

A peu près à la même époque, la mise au point des bouchons de liège d'Espagne permet de transporter le vin mousseux en bouteilles et de l'entreposer sans que le bouchon saute.

C’est au XVIII siècle que nombreux fabricants Champenois virent le jour et les ventes progressèrent considérablement pendant les cinquante années qui précédèrent la révolution française.